La loi du 5 mars 2007 confirme le principe selon lequel la mise en place d'un régime de protection doit répondre à une réelle nécessité. Dès lors que celle-ci est avérée, la protection établie doit avoir pour finalité l'intérêt de la personne protégée et doit, dans la mesure du possible, favoriser son autonomie.
Par conséquent, il convient d'être en permanence attentif au respect des libertés individuelles, des droits fondamentaux et de la dignité des personnes protégées.
La vulnérabilité d'un majeur nécessite une synergie d'efforts et de compétences autour de lui afin qu'un accompagnement individualisé de qualité puisse l'aider à se construire, s'épanouir dans le respect et la dignité.
L'Association Une Main Pour Tous s'inscrit dans cette démarche dans le cadre de sa mission spécifique en lien avec les familles, les établissements et les multiples partenaires institutionnels.
Cette démarche demande une grande disponibilité d'écoute, d'articulation avec les autres professionnels de terrain engagés dans la démarche d'accompagnement et bien sûr des qualités humaines, des compétences administratives, juridiques et financières. Afin de construire le projet de vie et d'accompagnement, la collaboration de tous est indispensable.
Notre action doit constamment s'appuyer sur une réalité constatée pour envisager, préconiser de façon dynamique et coordonnée les évolutions nécessaires dans un certain nombre de domaines liés à la mission d'un service et des publics accueillis.
Par ailleurs il faut rester conscient que cette démarche s'inscrit dans une tension paradoxale, car elle doit à la fois permettre de :
- Mobiliser et valoriser les compétences, les savoir-faire, afin de créer des synergies, améliorer une organisation pour la rendre plus efficace, plus opérationnelle ;
- Rester très réactif par rapport à l'évolution des usagers, afin de préserver au maximum une souplesse de fonctionnement renforçant l'humanité, la dignité, la sécurité et la convivialité des personnes accueillies et accompagnées.
Aujourd'hui ce n'est plus l'usager qui doit s'adapter à un fonctionnement institutionnel dont il doit épouser les règles ou un mode de fonctionnement, mais une équipe de professionnels qui se met à son service en proposant une prestation de qualité adaptée aux différentes situations. Nous nous situons bien dans un concept de service.
C'est bien dans cette approche que le législateur a fait évoluer la réglementation avec :
- la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale en France ;
- la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes ;
- la loi du 5 mars 2007 concernant la réforme de la protection juridique.
Le projet de service est également :
- un engagement par rapport aux usagers ;
- un engagement à progresser à partir d'un certain nombre d'indicateurs ;
- un engagement à évaluer notre action ;
- un engagement par rapport à tous les partenaires institutionnels.
L'Association « Une Main pour tous » place au cœur de sa réflexion et de son action la personne protégée dans sa globalité ; son engagement se fonde « sur le respect de cette personne dans son individualité et son mystère, son droit à la vie, sa dignité et sa liberté ».
L'autonomie et les libertés individuelles des personnes vulnérables, tout en leur assurant une protection requise en fonction de leur capacité ou de leur situation sociale, représente une équation complexe à laquelle les acteurs de l'accompagnement tutélaire sont quotidiennement confrontés.
Il s'agit par conséquent de s'inscrire dans une dynamique d'action-réflexion qui doit être sous-tendue par une forte volonté de « protéger sans jamais dominer ou diminuer ».
L'exercice de la mission du MJPM reste un métier très délicat. Effectivement il se trouve souvent au carrefour de demandes — voire de pressions, d'exigences, contradictoires — de la part des différents partenaires : équipes éducatives, médecins, juges, notaires et autres instances institutionnelles.
C'est pour cette raison que nous nous situons avant tout dans une approche d'accompagnement de l'usager, dans laquelle il s'agit avant tout de s'engager auprès de la personne sans se substituer à elle, en recherchant chaque fois que cela est possible son consentement éclairé.
Dans le concept d'accompagnement il s'agit de trouver dans la relation à l'autre la bonne distance, un exercice difficile car elle ne peut pas se décréter ni se mesurer avec un pied à coulisse. En reprenant à notre compte les idées de Maurice Capul et Michel Lemay :
« Le travailleur social tente de se situer comme une sorte de médiateur entre le sujet et son environnement. Dans le respect et l'écoute de l'autre et tout en sachant qu'il doit parfois poser des limites, il veut à la fois être suffisamment présent « utile » pour devenir significatif et suffisamment distancié pour ne pas imposer « sa » direction. Il faut sans doute dire qu'il y a une situation paradoxale puisqu'il est payé « pour accompagner » c'est-à-dire pour participer activement à la formation, au maintien des acquis, d'un être humain et parce qu'il craint non sans raison une sorte d'abus de pouvoir. »
En premier lieu il s'agit de bien informer le majeur protégé dès l'ouverture de la mesure, en s'adaptant au maximum aux capacités de compréhension de ce dernier. Il est important que la personne protégée puisse prendre, dans la mesure de ses capacités, une part active dans cette démarche d'accompagnement et surtout ne pas se sentir dépossédée de sa capacité de décision en raison d'une incompréhension ou d'un sentiment de contrainte.
Tel est l'esprit et l'ambition dans lequel a été réalisé cet écrit qui doit mobiliser chacun des acteurs autour de la singularité de chaque usager.

